Africa Magic Viewers’ Choice Awards 2026
Les “Africa Magic Viewers’ Choice Awards” ont eu lieu le 9 mai dernier. Décrite comme la plus grande soirée africaine dédiée au cinéma et à la mode, elle était, comme chaque année, au cœur des discussions dans la fashionsphère. J’ai pris du temps avant de faire cet article car j’ai épluché tous les sites et tous les comptes afin de collecter un maximum d’information entretemps le changement de température m’a eu, mais aujourd’hui je t’en parle.
Avant de te parler de la 12ᵉ édition de cette cérémonie, je voulais d’abord revenir sur le sujet : qu’est-ce que les African Magic Viewers’ Choice Awards, plus connus sous le nom d’AMVCA ?
Si tu ne le sais pas, les Africa Magic Viewers’ Choice Awards existent depuis le 9 mars 2013 et se déroulent à Lagos, au Nigeria. C’est un événement annuel qui récompense les meilleures réalisations télévisuelles, acteurs et cinématographiques du continent africain.
Lors de cette soirée, les arts sont mis à l’honneur : le cinéma bien sûr, mais aussi la mode, avec un thème imposé chaque année (d’où les nombreuses comparaisons avec le Met Gala).
Pour cette 12ᵉ édition, le thème était : “Honoring Craft, Celebrating Culture”. Un thème prometteur qui a laissé libre cours à l’imagination des designers, nous offrant des looks à couper le souffle. Voici ceux qui m’ont le plus captivée :
Petites précisions sur quelques créations :
1) La robe en pain de Mercy Atang
Alors pas ma création préférée mais ça a beaucoup fait parlé je t’explique. La star de téléréalité Mercy Atang a foulé le tapis rouge vêtue d’une robe confectionnée à partir de plus de 500 tranches de pain de mie. Bien plus qu’une simple robe, c’était un véritable coup marketing puisque, à travers cette création, elle souhaitait faire la promotion de sa boulangerie. Sur les réseaux sociaux, beaucoup l’ont félicitée, la qualifiant de « véritable incarnation de l’expression artistique ». Cependant, d’autres n’ont pas été du même avis, jugeant sa tenue « irrespectueuse » et l’accusant de promouvoir le gaspillage alimentaire.
2) Laura Ikeji : du croquis à la réalité
Cette robe est tout simplement somptueuse. Un véritable chef-d’œuvre, autant dans sa conception que dans son exécution. Inspirée d’un croquis de Rexhep Nuhiji, la créatrice Damilola Olalekan a voulu transformer l’imagination en réalité. Et le pari est réussi.
Le résultat est spectaculaire et a littéralement subjugué le public.
3) La robe cathédrale de Nana Akua Addo
Personnalité incontournable de la mode ghanéenne, Nana Akua Addo a une nouvelle fois fait sensation lors de cet AMVCA. Fidèle à sa réputation, elle arborait une création signée Abasswoman : une robe argentée aux lignes architecturales, inspirée de la cathédrale de Cologne, en Allemagne. Pour la petite anecdote, la créatrice a commencé à travailler sur cette robe en novembre 2025 et l’a terminée seulement 48 heures avant l’événement.
Franchement, bravo.
4) Mercy Eke, l’aquarium humain
Il y a des créations qu’on n’oublie pas de sitôt. Et dans mon cas, c’est celle imaginée par Makililo Nelson A. À travers cette création, le designer a voulu construire :
« Un monde où la beauté pourrait respirer sous l’eau, où une femme pourrait exister à la fois comme l’océan et le trésor caché en son sein.
L’inspiration vient du mystère de la mer. L’océan est magnifique, mais il est aussi profond, imprévisible et indomptable. Cette dualité est devenue l’âme de cette pièce.
Je ne voulais pas simplement habiller une robe, je voulais créer une émotion, une image presque cinématographique, surréaliste et inoubliable.
Chaque détail était intentionnel : les reflets humides, les jeux de lumière, l’illusion de glace, le mouvement de l’eau figé dans le calme, ainsi que les cheveux et les accessoires. »
Et honnêtement, mission accomplie.
Démarquez-vous
5) Empress Njamah : la Castle Queen
Encore une fois, l’AMVCA nous a offert un véritable spectacle. Pour cette apparition, Empress Njamah portait une robe inspirée d’un château, imaginée par Charles Richard Aghebo. L’idée ? Une reine enveloppée de lumière et d’héritage.
La robe devient littéralement un château vivant : construite autour de structures dorées, de détails architecturaux et d’éléments lumineux qui donnent l’impression qu’elle rayonne de l’intérieur.
Les épaules structurées, réalisées à partir d’un assemblage de mosaïques dorées, renforcent l’allure royale de la silhouette.
Le tulle, l’organza, les éléments végétaux et les bougies viennent compléter cette vision féerique et théâtrale.
Une véritable reine sortie tout droit d’un conte
Pour terminer, je tenais à le dire : non, l’AMVCA n’est pas le Met Gala africain. Déjà, les deux n’ont rien à voir. L’AMVCA est une cérémonie de remise de prix et non un événement de mode, contrairement au Met Gala, qui est avant tout une collecte de fonds pour le Costume Institute du Metropolitan Museum of Art — je ne t’apprends rien, tu le sais déjà.
Ensuite, utiliser le terme « Met Gala africain » revient à réduire son impact et à recentrer, une fois de plus, le regard sur une référence occidentale. Or, ce qui rend la mode africaine si distinctive, c’est justement son héritage, ses matériaux, ses cultures et sa manière de s’approprier un art qui a longtemps été sous-représenté et peu reconnu.
L’AMVCA n’a pas besoin d’être comparé au Met Gala pour être légitime. Cette cérémonie possède sa propre identité, sa propre histoire et met en lumière les talents du continent africain à sa manière.
C’est une cérémonie africaine à part entière, qui célèbre et met en lumière les talents africains, leur créativité, leur savoir-faire et leur culture.

